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mardi, 28 décembre 2010

Ce que pensent les Marocains du Match Algerie-Maroc du 13 mars 2011.

 

 

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Dès l’annonce des retrouvailles entre l’Algérie et le Maroc en éliminatoires de la CAN 2012, le spectre des tensions extrêmes qui ont marqué le duel entre Algériens et Egyptiens est revenu hanter les esprits de plus belle. L’on s’est mis dès lors, à craindre, d’un côté comme de l’autre, de probables débordements, malgré l’amitié ancestrale qui lie les deux peuples. Le point de discorde n’a pourtant rien à voir avec le football. Il tient son origine de ce sempiternel problème du Polisario qui divise, depuis 1975, les deux régimes au pouvoir et sans doute aussi la petite guerre des frontières de 1963. 

 

Il serai très intéressant de voir ce que pensent les marocains  de cette fameuse rencontre du 13 Mars 2011 .

 

 


Mustapha Rentissi  (chauffeur de taxi) : "C’est le moment de prendre notre revanche après l’humiliation de 1979 !»

C’est ce que pensent les supporteurs marocains dans leur majorité. Mustapha Rentissi est chauffeur de taxi. Et naturellement, lorsqu’on lui parle de ce match, il s’en réjouit. «Cette fois, vous êtes cuits !» rigole-t-il amicalement. «C’est peut-être le moment de nous venger de cet humiliant score de 1-5 que Belloumi et Bensaoula nous avaient infligé en 1979, à Casablanca. On ne vous battra peut-être pas par le même résultat, mais un petit 0-1 suffira largement à notre bonheur», ajoute-t-il en s’esclaffant. Ne craint-il pas des débordements comme ceux vécus au Caire et à Oum Dourman ? «Nooon, pas du tout ! Les Algériens sont nos frères et amis les plus proches, parmi tous les Arabes. Je ne peux pas imaginer qu’on en arrive à ces scènes regrettables, car nous nous respectons trop pour que cela se produise», rassure-t-il très sincèrement.

Pour Omar El Anouari un des plus anciens journalistes Marocains il y'aura pas d'incidents dans ce derby maghrébin ,
«Nous avons tellement de choses en commun que cela n’a aucune chance de se produire. En 1979, les joueurs algériens avaient été applaudis chaleureusement par le public marocain, car ils étaient supérieurs aux nôtres. Ici à Casablanca, on a toujours respecté le beau football. On aime le beau jeu et si une équipe joue mieux que les Marocains, on reconnaît sa domination. Je connais très bien les Algériens et je sais parfaitement que si les Marocains venaient à jouer mieux que les Verts, ils seront applaudis à Alger même. Je n’en ai aucun doute», assure-t-il en fin connaisseur. El Anouari a tenu à nous rappeler les bons moments passés avec des collègues algériens qui avaient trouvé refuge au Maroc lors de la décennie noire. «On les avait reçus comme des frères et ils se sont intégrés très rapidement, tellement votre culture est proche de la nôtre. Ils ont appris à parler marocain si bien que personne ne pouvait soupçonner qu’ils étaient algériens. Au pire des cas, ils pouvaient dire qu’ils étaient originaires de la ville d’Oujda dont les habitants parlent pratiquement comme les Algériens», poursuit-il en rigolant.

Jaouad S. était, lui, journaliste politique aux pires moments de la crise entre les deux régimes au pouvoir dans les années 76/77. Son témoignage est très révélateur de la complicité des deux peuples. «Je me rappelle d’une rencontre X à l’étranger (il ne donne ni le lieu ni l’objet de la mission par prudence) où on était sensés défendre chacun sa cause. On s’était retrouvés dans le même centre de presse pour envoyer nos fax et télex. Nos confrères algériens de l’APS (Algérie Presse Services) avaient rédigé leur article en chargeant feu, Sa Majesté le Roi Hassan II et de mon côté, j’en faisais de même avec feu Houari Boumediène. On ne se communiquait pas nos écrits, mais après avoir tout envoyé, on se retrouvait autour d’une table, pliés de rire, en dévoilant chacun la teneur de ses écrits. On était de vrais ennemis dans nos articles, mais frères et amis en dehors de la politique. C’est ce que nous sommes restés paradoxalement, à ce jour, malgré les tensions.»

Dans les tribunes des stades marocains l'ambiance est la même de Rabat jusqu’à Marrakech passant par Casablanca les supporters du Maroc sont confiant.

Pour les ultras des Crazy Boys aucune chance pour les vert en s'adressant a des journalistes algériens venu d’Alger pour mesurer la confiance des marocains: «Nous avons un grand avantage sur vous aujourd’hui. Désolés, mais c’est nous qui allons passer cette fois. Nous avons deux des meilleurs buteurs d’Europe : Chamakh et Al Hamdaoui. C’est eux qui vont vous anéantir. Surtout que votre équipe n’est plus la même que celle qu’on a vue pendant le Mondial. Quand on perd face au Centrafrique, on n’a pas le droit d’aller jouer la CAN. On est tristes pour vous, mais on ne doit pas faire dans les sentiments»,rigolent-t-ils pour  taquiner gentiment les journalistes, avant de les saluer fraternellement.

A Marrakech les ultras du Kawkeb enflammaient les tribunes de leurs chants ininterrompus qui ressemblent beaucoup à ceux des Algériens. La seule différence se situant dans la fameuse «daqqa el merrakchia», spécialité traditionnelle de la région. Il s’agit d’une frappée rythmique des mains, harmonisée entre plusieurs personnes à la fois et qui se termine sur la même note. Un art dont excellent les artisans (Dkaykia, de l’arabe Doukan)    de la «ville ocre», notamment les quartiers de Bab D'Bagh, Sabtiyyine, Bin Laarassi, Casbah, Ben Salah, Derb Dabachi et d'El Moukkaf qui organisent mêmes des concours de Daqqa pendant la nuit de l'Achoura, surtout pour perpétuer ce rite. Grâce à cette rythmique «endiablée» et fort sympathique, les supporteurs du Kawkeb de Marrakech ont gagné la palme d’or de l’ambiance, devant tous les autres publics du Royaume.C’est d’ailleurs pour cette raison que les responsables de la FRMF pensent à domicilier le match retour contre l’Algérie dans le nouveau stade de Marrakech qui est en voie de finition. Les supporteurs du second groupe des ultras du KACM, Leader Boys, rivalisaient comme ils le pouvaient devant la furia de leurs «frères ennemis» de tribunes. Moins nombreux ce jour-là, .Issam un supporter Marrakchi  : «Nous allons vous ramener ici à Marrakech. C’est là qu’on va vous creuser votre tombe, dans notre nouveau stade qui peut contenir quelque chose comme 40 000 places. Vous avez Tchaker, nous aussi nous avons ce stade qui va nous porter bonheur inch’Allah.»

certains ultras des Crazy boys qui ont tenu à envoyer un message clair et net à leurs homologues algériens. Ils s’appellent Ahmed, Acheraf, Mourad, Réda, Youness, Houssam, Mounir et Ayoub. «Nous ne voulons pas faire la guerre avec vous, car nous sommes tous des Musulmans. Nous voulons très sincèrement que les deux matchs se déroulent dans le fair-play le plus total. Que les Algériens sachent que nous viendrons nombreux pour le match aller en espérant être reçus amicalement. Si c’est le cas, on en fera de même. Mais si par malheur l’accueil sera hostile, sachez que le match retour se jouera chez nous et nous ne risquons pas d’oublier de vous rendre la pareille. Pour être clair, nous vous ferons comme vous nous ferez !» Voilà qui est noté des deux côtés et le premier qui trahira l’autre sera honni à tout jamais. 



 

Commentaires

trés interessant ce sujet !! ca montre exactement la complecité dans les relations entre les deux peuples , en tout cas autant qu'algerien je peux dire qu'une seule chose que le meilleur gagne aprés tt c'est que du foot bon courage aux deux equipes

Écrit par : said | samedi, 01 janvier 2011

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