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mercredi, 29 décembre 2010

LE QUAI D’ORSAY DÉCONSEILLE LE SUD ALGÉRIEN

 

 

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C’est encore un de ces coups tordus qu’a planifiés la diplomatie française pour court-circuiter cette destination qui est synonyme d’afflux de touristes occidentaux, notamment en cette période de fêtes de fin d’année.

 

 

 


La France porte une grande responsabilité dans le manque à gagner des agences de tourisme algériennes. Que cherche l’Hexagone? On est en droit de se poser cette question tant Paris a fait des pieds et des mains pour tenter d’instaurer des relations plus apaisées avec la capitale algérienne. Les déclarations du Quai d’Orsay représentent un véritable coup de poignard dans le dos. Elles ont aujourd’hui produit leur effet. «Les régions les plus touristiques (Tamanrasset, Djanet, notamment), qui redeviennent fréquentées avec la fin de l’été, présentent un risque croissant, notamment d’enlèvements de touristes par les groupes armés de la zone sahélienne.
L’enlèvement de 7 étrangers dont 5 Français au Niger, au sud de l’Algérie, démontre la volonté des groupes terroristes de perpétrer ce type de crimes. Cette volonté reste plus forte que jamais et est susceptible de concerner l’ensemble du Grand Sud algérien», peut on lire dans un bulletin de dernière minute publié deux fois en moins de trois mois (entre août et octobre) sur le site du Quai d’Orsay. Les conseils du département français des Affaires étrangères auront pour conséquences de mettre à mal un secteur qui est considéré comme un des fers de lance pour sortir l’économie nationale de sa dépendance par rapport aux hydrocarbures. Ce tourisme que l’on veut saborder et qui constitue une des principales ressources des populations de Djanet et de Tamanrasset, affectera sans doute l’économie de la région et le quotidien de ses habitants. Sur un plan politique, le coup est plus rude. Il tend à faire croire que la destination Algérie représente toujours un danger. Il ne faut pas oublier que la France avait décidé, il n’y a pas très longtemps de cela, de faire figurer de façon unilatérale l’Algérie sur la fameuse liste des pays estimés «à risque» au même titre que l’Afghanistan, le Pakistan, l’Iran, le Yémen et la Syrie. Un coup de froid s’en est ensuivi entre les deux pays.
L’Algérie avait vigoureusement protesté. «Il y a des dossiers qui font mal. L’Algérie n’a pas à être sur cette liste. C’est inacceptable et nous ne l’accepterons pas. L’Algérie n’admet pas que ses ressortissants soient assimilés à des terroristes», avait déclaré Mourad Medelci. Faut-il rappeler que dans les années 1990 au moment où le peuple algérien faisait face, seul, à un terrorisme barbare, les banques et les entreprises françaises avaient fui le pays. Depuis, la donne a changé. Les prix du pétrole ont atteint des sommets. La situation financière de l’Algérie est plus que confortable. Des projets de développement économique d’un coût de 286 milliards de dollars ont été engagés. Paris a redoublé d’efforts pour rectifier le tir au rythme de visites soutenues. Des émissaires de haut niveau du président de la République française ont dû faire des allers-retours entre les deux rives de la Méditerranée pour renouer les fils du dialogue. Claude Guéant le secrétaire général de la présidence de la République française, Jean-David Levitte, le conseiller diplomatique du président Nicolas Sarkozy et le conseiller technique à la cellule diplomatique de l’Elysée chargé de l’Afrique du Nord, du Proche et Moyen-Orient, Nicolas Galey, furent dépêchés en urgence pour mettre fin à des joutes verbales qui montaient crescendo et attestaient d’une crise profonde. Vint le tour de Jean-Pierre Raffarin baptisé «Monsieur Algérie», de Michèle Alliot Marie promue ministre des Affaires étrangères après un remaniement qui a tenu en haleine l’Hexagone pendant plusieurs mois...Le départ de son prédécesseur, même s’il n’a pas fait l’objet de réactions officielles en Algérie, a été reçu comme un signal fort d’un retour à des relations politiques plus sereines que le bouillant Bernard Kouchner a exacerbées par des sorties médiatiques aussi inamicales que maladroites. «Les irritations qui existent aujourd’hui ne sont pas grand-chose par rapport à ce qui a existé. J’ai ressenti chez le président algérien une volonté de tourner la page. Nous avons intérêt à être d’accord pour affronter les défis qui concernent nos deux pays», a reconnu celle qui lui a succédé lors de sa visite en Algérie au mois d’octobre dernier donnant la nette impression que les malentendus allaient être définitivement gommés. L’affaire des visas refusés aux représentants du ministère de la Pêche, le durcissement de leur obtention, une attestation sur l’honneur est désormais exigée aux opérateurs économiques algériens pour leur obtention (voir L’Expression du 28/12/2010), augure de relations crispées entre les deux pays. La bonne volonté de la France est mise à l’épreuve. Des voix s’élèvent et appellent à la riposte. «Il appartient aux représentants de l’Etat algérien d’appliquer la réciprocité», réclame Ali Hamani, président de l’Association des producteurs algériens de boissons. La lune de miel entre Alger et Paris n’est pas pour demain.

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